Metz : la «coach d’émotion» pour les patrons.
Article paru dans le Républicain Lorrain le 04 septembre 2019
Les chefs d’entreprise sont happés dans un tourbillon qui les éloigne de leurs émotions. Ces errements se chiffrent sur le compte de résultat. Christine Andry, coach, s’attache à réconcilier l’humain et les affaires.
En octobre 2016, Christine Andry ouvrait un coworking privé, sur la Zac d’Augny. Elle y proposait, outre ses bureaux et showrooms aménagés dans un esprit de nature paisible, des rencontres autour de thématiques originales : l’image de soi, la qualité de vie, la créativité par le jeu. « Je proposais de réfléchir sur autre chose que la performance, sur les émotions que peut ressentir un chef d’entreprise. Au final, beaucoup d’hommes ont assisté à ces séances. C’est la preuve qu’ils y trouvaient quelque chose qu’ils ne trouvaient pas ailleurs », explique l’ancienne dirigeante de Be Cool 57.
L’expérience et le doute
Le coworking s’est arrêté cet été. Christine Andry brosse un paysage contrasté de cette expérience. « Un coworking totalement privé est, paradoxalement, moins bien accueilli que lorsqu’il est adossé à des structures publiques, associatives ou mixtes. Je n’étais pas au bon endroit, pas avec le bon statut. »

Elle raconte ses phases de doute. « On se sent très seul, surtout lorsqu’il faut prendre des décisions. Je regrette de ne pas avoir été coachée à ce moment-là. » Elle sourit. Se souvient aussi de l’énergie, des synergies. « Un jour, un participant à une réunion avait du retard, nous l’attendions. Ces quelques minutes ont suffi aux autres participants pour échanger… et imaginer un projet commun ! »
Elle parle des derniers mois de l’activité, « mâchoire crispée. Ces ondes négatives que j’envoyais se lisaient sur mon visage. Lorsque le doute devient un frein au développement d’une entreprise, lorsque chaque matin le chef d’entreprise regarde son compte bancaire, lorsqu’il se met à détester les vacances scolaires parce que son activité ralentit… ça ne va plus ».

Se servir de l’échec
« J’ai toujours pensé qu’un entrepreneur devait être aligné, tête, cœur, esprit. » Elle explique que la gestion d’une entreprise est une route souvent bloquée par les contraintes administratives, fiscales, juridiques. Que les croyances sont légion. Par exemple, « pourquoi dit-on qu’il faut forcément trois ans d’activité pour savoir si on a réussi ou pas ? » Ce sont des principes, on ne sait plus très bien pourquoi et pour qui, dit-elle.
Coaches d’émotions au Canada
« Au Canada, il existe des coaches d’émotion pour les chefs d’entreprise. Le prestige de ces accompagnants est même un élément de l’image de marque des patrons qui font appel à leurs services. » Selon Christine Andry, les dirigeants devraient apprendre à gérer leurs émotions, reconnaître le déni, travailler sur la confiance qu’ils accordent autour d’eux, trouver des méthodes alternatives pour sortir du stress, comme le yoga ou la sophrologie.

Elle porte, avec un certain courage, une voix singulière dans le monde de l’entreprenariat. Parce que les créateurs d’entreprises, elle les connaît, pour avoir été à leur côté durant des années à la Chambre de commerce de Metz, et ensuite avoir elle-même vécu cette aventure humaine et économique.

C.B. – le Républicain Lorrain

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